Culture
Culture dans le quartier

© Gilles Serrand

© Association Quartier Breteuil

Cinéma

Le cinéma La Pagode

 

La Pagode est un cinéma indépendant, classé « Art et Essai » depuis 1930, situé à  l’angle du 57 bis, rue de Babylone et du 1, rue Monsieur dans le 7° arrondissement de Paris.

C’est le seul cinéma de l’arrondissement, celui de la rue du Général Bertrand ayant fermé ses portes  depuis bien longtemps pour des raisons obscures.

Son architecture qui reproduit celle d’une vraie pagode est à l’origine d’un réel engouement pour les deux salles de cinéma dont elle est l’écrin. Il n’est pas rare d’entendre dans le quartier cette phrase : « On va à la pagode ce soir ? ». Bien sûr si vous n’avez pas pris le temps de réserver vos billets à des heures de grande affluence, il vous reste les multiplex de Montparnasse !

 

© Laurent Drancourt

 

Quoi de plus merveilleux en effet que de se rendre dans la magnifique et insolite salle japonaise décorée de miroirs et de boiseries caractéristiques de ce style oriental, aux doux éclairages dorés, ou dans la salle construite en sous-sol en 1973 pour savourer entre autres des films de Petro Almodovar, Emir Kusturica ou d’Arnaud Desplechin.

C’est dire aussi à quel point les habitants du quartier et les membres de l’Association « Sauvons la Pagode » sont attachés  à  ce lieu qui a failli plusieurs fois être détruit pour des raisons d’insécurité et / ou de manque de rentabilité. Le bâtiment est classé au titre des Monuments Historiques par décret le 21 août 1990 (façade, toitures et la grande salle) mais la fermeture de l’établissement est de nouveau évoquée. Le plafond de la salle japonaise est relativement délabré (les effritements éventuels sont retenus par des filets inesthétiques mais rassurants pour la tête des spectateurs !). Quant à l’extérieur, des bâches de protection enveloppent le toit et des étais supportent les plafonds ! La restauration complète de La Pagode est donc à nouveau à l’ordre du jour.

 

© Association Quartier Breteuil

Le délicieux petit jardin, également inscrit aux Monuments Historiques le 21 février 1983, mériterait aussi un lifting. On peut y admirer la superbe paire de lions mythiques, « gardiens impériaux » ou « lions de Bouddha » incarnant la protection du temple (du cinéma) trônant dans le minuscule jardin zen à l’ombre du Ginkgo Biloba (l’arbre aux cent écus) qui rugissent pour l’éternité, les pattes posées sur la sphère représentant le cycle de la vie.

 

HISTOIRE

Ce bâtiment qui illustre le goût japonisant en vogue dans le dernier tiers du XIXe siècle a été édifié en 1895 par l’architecte Alexandre Marcel à la demande de François-Emile Morin, directeur du Bon Marché, qui avait décidé de faire construire sur un terrain acheté rue de Babylone une pagode en plein cœur de Paris, par amour pour son épouse  Amandine.

Pour répondre à cette demande, l’architecte s’est inspiré du sanctuaire Toshogu de Nikko au Japon. Pour plus d’authenticité, il fera venir du Japon des fresques, des tentures, des poutres sculptées. Après bien des péripéties le chantier est terminé le jour même de l’anniversaire de l’heureuse destinataire de cette « folie » nippone. La pagode et son jardin serviront par la suite de modèles à de nombreuses petites constructions alentour abritant des serres ou des petits salons à danser ou prendre le thé en galante compagnie, constructions qui malheureusement ont toutes disparues.

 

© Association Quartier Breteuil

Amandine Morin prend à cœur d’animer cet endroit festif en donnant des soirées dansantes et des soirées thématiques orientales, recevant ses hôtes vêtue en impératrice japonaise. C’est lors d’une de ces réceptions qu’elle fait la connaissance d’un associé de son époux, un certain Monsieur Plassard, avec lequel elle émigre en Amérique. Monsieur Morin, l’âme en peine, revend la belle pagode, qui sert de salle de réception jusqu’à sa fermeture en 1927.

En 1931, les portes s’entrouvrent à nouveau, pour le grand public cette fois-ci.

En 1956, les premières salles « Art et Essai » parisiennes sont dotées d’un statut officiel.

En 1959, La Pagode devient un grand endroit de cinéphilie lorsque Jean Cocteau y donne pour la première fois son « Testament d’Orphée ».

En 1960, La Pagode participe à la Nouvelle Vague en programmant François Truffaut, Eric Rohmer….

En 2000, après plusieurs années d’exploitation par la Gaumont et des années de fermeture, La Pagode devient un cinéma indépendant aujourd’hui géré par Etoile Cinéma.

A côté des projections de films, La Pagode propose son cadre pour organiser des événements, des master class, des conférences, des lancements de produits, des cinés-concerts, des ciné-clubs… Plusieurs festivals y sont organisés chaque année, comme le festival du film de l’environnement.

La Pagode et le cinéma Saint Germain des Prés sont animés par Marie Durand. Avec le cinéma le Balzac, l’objectif du réseau Etoile Cinéma est de pérenniser des salles parisiennes qui poursuivent cet effort de diffusion d’un cinéma d’auteur de qualité.

La Pagode

57, rue de Babylone
75007 PARIS